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La « pédagogie de la réussite » prônée par les MFR : leurre ou réalité ?

dimanche 31 août 2014

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Enfin une étude qui confirme l’analyse que beaucoup dont le Snetap-FSU FSU Fédération Syndicale Unitaire exprimaient et que les responsables politiques et administratifs successifs du ministère de l’agriculture s’interdisaient de conduire ou de révéler.

Les difficultés scolaires et professionnelles posent la question de la réussite. Elles étaient le thème d’étude des XXIème journées des données longitudinales dans l’analyse du marché du travail organisées par le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (CEREQ) à Dijon les 19 et 20 juin dernier.
La communication éhontée des MFR à l’adresse des familles désireuses de trouver une formation adaptée aux goûts et aux aptitudes des élèves intéressés par les formations relevant du Ministère de l’Agriculture ne pouvait échapper aux organisateurs de ces journées.

Une pédagogie de l’alternance pertinente ?
Un échantillon d’élèves de MFR du baccalauréat professionnelle CGEA a fait l’objet d’un suivi à différentes étapes des deux années de formation comparé à des élèves relevant du « lycée des Frères » établissement privé à temps plein (Minassian L. L’enseignement agricole : une filière de la réussite pour les élèves en difficultés scolaires ?, in Boudesseul R. et alii (dir), Réussite Scolaire, réussite professionnelle, l’apport des données longitudinales, juin 2014).
L’analyse questionne la pertinence du slogan au travers « des apprentissages tels qu’ils s’actualisent dans les écrits des élèves et se différencient au fur et à mesure de la formation ». A mi-parcours, les registres mobilisés sont décrits comme « narratifs et chronologiques pour les élèves de MFR, scientifiques pour les élèves du lycée (…) ». Parmi les causes supposées conduire à cet état de fait, il est évoqué « des idéologies vives qui circulent dans les principes pédagogiques de l’institution dont rendent compte les entretiens passés aux enseignants de MFR ». Comme le prône le Snetap-fsu depuis des années, les modalités de l’alternance milieu scolaire-milieu professionnel doivent être réinterrogées et nous devons sortir de la posture dominante favorable à l’apprentissage et du supposé « bon sens » de la « formation sur le tas ».
Tout en exprimant la nécessité de multiplier ce type d’étude, la comparaison ainsi réalisée « questionne les prétentions d’une certaine pédagogie de l’alternance ». « La réconciliation du jeunes avec l’école » prétendument tenue par les MFR, ne semble pas se réaliser, les élèves s’éloignant même « des mises en relation académique ». L’auteure parlant même de système « prêt à penser » loin de l’apprentissage de la complexité !

Une évaluation instrumentalisée ?
Paradoxalement si l’auteure constate cet écart, les résultats aux diplômes ne font apparaître aucun écart sensible entre les deux groupes d’élèves étudiés. L’auteure pointe alors les « arrangements évaluatifs » que permet le CCF CCF Contrôle Certificatif en cours de Formation qui permet réinterprétations, compromis, transformations des critères. Il est rapporté que « puisque chaque évaluateur corrige dans le sein de son institution par rapport à des contraintes interpersonnelles et/ou institutionnelles, il pourrait être énoncé de façon un peu radicale que cette organisation du diplôme contredit l’idée même d’un diplôme national ».

Et de conclure, « les principes pédagogiques des MFR qui s’actualisent sous la forme d’une conviction, perdurent et participent potentiellement et parmi d’autres causes, de la conservation des inégalités de départ, voire de leur accroissement ».
Le Snetap-FSU FSU Fédération Syndicale Unitaire ne manquera pas de s’appuyer sur cette étude du CEREQ pour renvoyer à cette réalité pour lever l’omerta des pouvoirs publics à l’égard des MFR. En outre, alors que s’ouvre une réflexion au ministère de l’Éducation Nationale sur l’évaluation, le Snetap-FSU entend que le Ministère de l’agriculture ne s’exonère pas de cette réflexion, et cela avant toute nouvelle rénovation de diplôme comme celle annoncée pour le CAPA CAPA Certificat d’Aptitude Professionnelle Agricole

Commission Administrative Paritaire Académique
et un passage en force à 80 % de CCF contre l’avis des principales organisations représentatives des personnels de l’enseignement agricole public comme privé (SNETAP-FSU et FEP-CFDT CFDT Confédération française et démocratique du travail )..

Paris le 29 août 2014

lien vers l’étude : http://www.cereq.fr/index.php/publications/Relief/Reussite-scolaire-reussite-professionnelle-l-apport-des-donnees-longitudinales.XXIes-journees-d-etude-sur-les-donnees-longitudinales-dans-l-analyse-du-marche-du-travail-Dijon-19-20-juin-2014